mercredi 14 septembre 2011

Critique dite littéraire : Les Navigateurs de l’Infini par Rosny Aîné

« Les Navigateurs de l’infini » est un roman de science-fiction écrit en 1925 par J.H Rosny Aîné. L’écrivain, connu surtout pour « La guerre du feu », était non seulement un immense auteur de romans préhistoriques mais aussi un des pionniers de la science-fiction.

Ce court roman relate les aventures de trois astronautes qui débarquent sur la planète Mars et se mêlent des luttes entre les deux espèces dominantes qui peuplent la planète. À noter que le mot astronautique aurait été inventé ou popularisé par Rosny Aîné dans cet ouvrage. Il est depuis passé dans le langage.

Le style du roman est à la fois concis et poétique. La romance n’est pas absente de l’œuvre : le héros tombe amoureux d’une martienne à la beauté féérique. Leur amour reste platonique en raison d’importantes différences morphologiques, quoique…

L’histoire paraît de nos jours un peu convenue, parce que tant d’auteurs se sont inspirés depuis de cette trame mais à l’époque où il est paru, 1925, ce genre d’histoire de science-fiction était très novateur.



Disponible en ebook gratuit :


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lundi 12 septembre 2011

Nouvelle courte : le précurseur révolté - Première partie

    Le narrateur est un personnage historique célèbre. Pouvez-vous deviner qui ?


            L’heure du bilan est amère. J’ai connu de l’intérieur les deux systèmes, capitaliste et communiste. Ils sont aussi abjects l’un que l’autre. J’ai échoué presque tout ce que j’ai entrepris. Le travail, les amis, les loisirs, la politique, tout a foiré. Je ne me sens bien dans aucun pays. Je suis un éternel insatisfait comme dit ma femme, un idéaliste.

            Pourtant, j’aime mon épouse et mes enfants. C’est le seul regret que j’emporte, car ma famille est ma seule réussite. En partant au travail ce matin, j’ai laissé à Marina tout l’argent qu’il me restait, ainsi que mon alliance. Mon cœur reste ainsi auprès d’elle, mais mon corps ne la reverra pas.

            Ils m’ont tous rejeté. Ils n’ont pas compris ma valeur. Les hommes m’écœurent. J’ai raté le présent, je vais réussir le futur : je vais rentrer dans l’Histoire. Je suis un précurseur.

            À l’armée, ils ne m’ont enseigné qu’une chose : tuer ! Je vais enfin assouvir la violence en moi pour une juste cause.

            Des masses de gens acceptent passivement l’oppression, comme des moutons apathiques. Ils me dégoûtent. Moi, je me lève, seul, et je me révolte ! Je sacrifie tout !

            Un homme peut entraîner deux pays dans une guerre, causant des millions de morts et des souffrances infinies. Cet homme, le pire des criminels, ne sera pas inquiété, pourvu qu’il gagne la guerre. Moi, seul contre tous, je vais le punir, et peut-être faire cesser cette guerre absurde, sauver des millions de vies ! Un jour, les hommes comme lui devront rendre des comptes, quand les mentalités auront évolué. Je suis un précurseur solitaire.

  

Fin de la première partie

Seconde et dernière partie



vendredi 9 septembre 2011

Critique dite litteraire : L’orchestre des doigts de Yamamoto Osamu (Manga)

Ce manga en quatre tomes paru aux débuts des années 90 est atypique. La plupart des mangas traitent d’action violente et débridée, et se contentent de recycler deux ou trois bonnes idées à chaque volume. L’orchestre des doigts se démarque de cette ligne classique de belle manière.

L’histoire de ce manga hors du commun est celle d’une école japonaise d’Osaka de sourds-muets.

La saga s’étend sur une bonne partie du XXème siècle, centrée sur le professeur Takahashi qui voue littéralement sa vie à aider les sourds-muets à surmonter leur handicap. Dans un contexte social très agité, les péripéties bouleversantes n’épargnent pas les élèves de Takahashi.

D’abord, les gens de l’époque voyaient les sourds-muets comme des pestiférés, des attardés mentaux honteux. Les « braves gens » n’aiment pas que l’on soit différent.

Ensuite, après un tremblement de terre, les Japonais de Tokyo, peu portés à la tolérance dans la première moitié du XXème siècle, massacrent les émigrés coréens. Le pogrom fait plusieurs milliers de morts. Les assassins démasquent les infortunés Coréens en leur faisant répéter une phrase japonaise que les étrangers coréens ont du mal à prononcer correctement. Alors, malheur aux sourds-muets japonais ! Comme ils ne peuvent pas parler, ils sont occis illico.

Enfin, en toile de fond, il y a une lutte entre deux écoles : le langage des signes dont le champion toutes catégories est Takahashi, et la lecture labiale. Certains sourds-muets arrivent en effet à lire sur les lèvres et à parler. Cela paraît un progrès spectaculaire, car ils peuvent mieux s’intégrer dans la société, leur handicap passant presque inaperçu. L’aspect sensationnel de la méthode oraliste est si fulgurant que les autorités politiques décident de faire disparaître la langue des signes appelée aussi méthode gestuelle. Grave erreur ! Car moins d’un sourd-muet sur trois arrive à développer la lecture labiale. Takahashi se bat pour que les autres ne soient pas laissés sur le bord de la route.

De drames en victoires, de désillusions en rebondissements, la saga se poursuit. Elle dégage une émotion poignante et nous apprend beaucoup sur le sujet des handicaps liés aux sens. Elle constitue un miroir fascinant de la société japonaise de la première moitié du XXème siècle, qui, à l’aune de nos critères actuels, paraît infâme et préfigure la Seconde Guerre Mondiale.


mercredi 7 septembre 2011

Comment gerer l’addiction aux jeux video des enfants.

Pendant les vacances, un seul loisir intéresse mes jumeaux de douze ans : les jeux vidéo. Aucune activité ne trouve grâce à leurs yeux, en dehors de leur passion. Pour en avoir discuté avec quelques parents et grands-parents, je pense c’est un souci assez répandu.

La difficulté pour les parents est de définir une règle à laquelle les enfants adhèrent. On peut autoritairement fixer le temps de jeu quotidien à un faible nombre d’heures. Mais le mieux est d’obtenir l’approbation de l’enfant par un système incitatif plutôt que répressif. Il faut faire preuve de subtilité psychologique, une des facettes de l’éducation réussie.
 

Plutôt que de décréter « Pas de jeux vidéo si on ne fait pas d’abord d’autres activités », règle qui risque de les inciter à bâcler une vague activité de mauvaise grâce avant de se remettre à leur passion, j’ai imaginé le système suivant :

  • Pas d’activité : 2 heures de jeux vidéo dans la journée
  • Petite activité : 3h30 de jeux vidéo dans la journée
  • Activité moyenne : 4h30 de jeux vidéo dans la journée
  • Grande activité : 6h de jeux vidéo dans la journée.

Petite activité : en général un jeu d’adresse en plein air : frisbee, pétanque, ping-pong…

Activité moyenne : typiquement un vrai sport : footing, parcours sportif…

Grande activité : ce n’est jamais arrivé. On la garde en tant qu’idéal inaccessible.

L’enfant est ainsi incité à proposer lui-même des activités pour gagner du temps de jeu. Il va de soi qu’il doit mettre de l’entrain dans les activités sous peine de voir le quota de jeux vidéo baisser.

Ce système incitatif, carotte plutôt que bâton, fonctionne très bien. Mes enfants l’acceptent sans rechigner !

Et vous, comment gérez-vous la passion de vos enfants ?

lundi 5 septembre 2011

Nouvelle courte : Rupture !

             Je ne regrette rien. Il fallait vraiment changer de vie. Je n’en pouvais plus de la routine, du stress et des problèmes d’argent, sans compter les tensions conjugales.

Alors je suis parti, j’ai tout abandonné ! J’étais obligé de quitter mes proches. Le plus dur, ce fut de faire mes adieux à ma mère. D’ailleurs je n’y suis pas parvenu. Pour ma femme et mes enfants, j’ai trouvé le courage. Leur stupeur et leur douleur furent atroces, mais je suis convaincu qu’ils sont mieux à présent. Ma maîtresse, je lui ai juste envoyé un texto. Elle m’a déçu. Un jour je reviendrai lui faire sa fête.

            Avant, j’avais des voix dans ma tête. Mais attention ! Je ne suis pas schizophrène, je suis sain d’esprit. J’ai juste une tendance schizoïde, parce que j’ai beaucoup d’imagination. Un ange du Seigneur me chuchotait de couper les ponts, de vivre enfin ma légende personnelle. Maintenant je suis une légende. Et la voix ne me harcèle plus. Je suis en paix avec moi-même, et surtout avec Dieu. C’est Son ange qui m’a guidé. Se peut-il que j’ai été choisi comme prophète ?

            En fait, je n’ai pas le temps de mener une introspection approfondie à ce sujet. Ma priorité est de rester furtif : je ne veux pas retourner dans mon ancienne vie ! En partant, j’ai laissé des indices indiquant que j’allais me suicider. Peut-être que la police va mordre à l’hameçon. Ils sont tellement nigauds dans la police ! À croire que le Seigneur ne bénit pas avec équité toutes ses créatures…

            Pour ne pas me faire repérer et voyager économique, je suis parti avec un peu d’argent, un sac à dos et je roule sur un vélo-tout-terrain. Je me joue des frontières des hommes, passant par la forêt quand cela me chante. En route vers l’est ! Sibérie ou Ukraine. Qui me retrouvera dans ces contrées distantes ?

            On dit que les voies du Seigneur sont impénétrables. Mais c’est parce que les rares croyants qu’il subsiste en cet âge infidèle manquent de piété. En pratiquant certains rituels, un homme sincère et pieux peut entrer en communication avec le Ciel et ses anges.

            Je vis en communion avec la nature, libre, ascétique, solitaire, sportif, mon âme enfin au calme, tel Thoreau, le philosophe naturaliste mythique. Je suis un mythe. Je ne regrette rien. Avant, je m’appelais Xavier Dupont de Ligonnès.

samedi 3 septembre 2011

Critique dite litteraire : Les memoires de Tibere de Allan Massie

Le titre original est « TIBERIUS ». On peut penser que le traducteur français a voulu faire le pendant avec « Les mémoires d’Hadrien » de Marguerite Yourcenar.

 Massie a imaginé ce qu’aurait pu être les mémoires de Tibère si le fils adoptif d’Auguste qui lui a succédé comme empereur romain les avaient rédigées.

L’auteur prend le parti de tenter de réhabiliter Tibère dont la réputation de cruauté a quelque peu terni la fin de son règne. Il fait le choix de faire passer Tibère pour un homme sincère, peu enclin aux manœuvres politiciennes d’Auguste dont il a lui-même parfois fait les frais.

Le style est sobre, axé avant tout sur les pensées de Tibère. Il n’y a aucune description physique des personnages ou presque. Je trouve ce choix pertinent car sauf si le physique est atypique, le décrire n’apporte pas grand-chose. De même, Massie ne cherche pas à décrire les décors ni les coutumes des Romains, comme si Tibère écrivait pour ses contemporains qui connaissent le monde qui les entoure. Cela lui permet de concentrer l’attention du lecteur sur la psychologie des personnages, les dialogues et les monologues intérieurs du prince devenu empereur.

Tibère fut un général exceptionnel, victorieux de maintes campagnes. Devenu empereur, il a renfloué massivement les caisses de l’empire. C’est un gestionnaire avisé comme lui qu’il nous faudrait aujourd’hui pour sauver un certain nombre d’États de la banqueroute !

 De même dans le domaine militaire, il a eu la sagesse de reconnaître qu’il était vain et ruineux de tenter de soumettre la Germanie, conclusion à laquelle César était déjà parvenue dans la Guerre des Gaules. Là encore, c’est un stratège perspicace comme lui qu’il nous faudrait pour sortir du bourbier afghan, et pour nous éviter de nous empêtrer à la première occasion dans une nouvelle intervention militaire ruineuse, meurtrière et stérile.

Un ouvrage convaincant et agréable à lire, qui donne envie d’approfondir le sujet en lisant une biographie de cet empereur unique, qui par deux fois, s’est retiré de Rome, las de ses intrigues oppressantes.

vendredi 2 septembre 2011

La douche froide

J’avais trouvé un éditeur pour mon premier roman qui devait paraître en octobre. Nous avions même dûment signé le contrat juridique sensé nous unir.

Et voilà que l’éditeur m’appelle hier pour m’annoncer que finalement, non, il ne publiera pas mon roman parce qu’il est trop orienté pour la jeunesse alors que son lectorat est adulte…

Déjà l’argument se discute parce que bien des œuvres pour la jeunesse sont en fait pour tout public (Bilbo le Hobbit, Harry Potter, les aventures de Tom Sawyer…). Mais bon, c’est son droit.

Mais nom d’un chien, pourquoi ne me l’a-t-il pas annoncé avant de signer le contrat ! Quel manque de sérieux et de professionnalisme ! Et quelle déception pour moi !

Enfin, à quelque chose malheur est bon : j’ai vécu sur un nuage cet été, croyant que j’allais être publié.

 Et puis, je dois persévérer. Mon second roman est presque achevé. Cette fois, il cadrera mieux avec les fichues politiques éditoriales rigides (enfin, rigides pour les auteurs inconnus).

Pour la jeunesse, les éditeurs souhaitent que le héros soit un enfant ou un ado afin que le lecteur s’identifie à lui. Excellente idée mais qu’ils devraient appliquer avec souplesse. Après tout, le roman pour la jeunesse qui s’est le plus vendu au monde est Bilbo le Hobbit dont le héros est un adulte.

Pour passer cet écueil, le héros de mon second roman est un ado de seize ans.

Quant à mon premier roman, je pense que je vais l’auto-publier sur le Kindle Store quand il va débarquer en France d’ici la fin de l’année.



Courage Lordius, tu vas y arriver !