samedi 3 septembre 2011

Critique dite litteraire : Les memoires de Tibere de Allan Massie

Le titre original est « TIBERIUS ». On peut penser que le traducteur français a voulu faire le pendant avec « Les mémoires d’Hadrien » de Marguerite Yourcenar.

 Massie a imaginé ce qu’aurait pu être les mémoires de Tibère si le fils adoptif d’Auguste qui lui a succédé comme empereur romain les avaient rédigées.

L’auteur prend le parti de tenter de réhabiliter Tibère dont la réputation de cruauté a quelque peu terni la fin de son règne. Il fait le choix de faire passer Tibère pour un homme sincère, peu enclin aux manœuvres politiciennes d’Auguste dont il a lui-même parfois fait les frais.

Le style est sobre, axé avant tout sur les pensées de Tibère. Il n’y a aucune description physique des personnages ou presque. Je trouve ce choix pertinent car sauf si le physique est atypique, le décrire n’apporte pas grand-chose. De même, Massie ne cherche pas à décrire les décors ni les coutumes des Romains, comme si Tibère écrivait pour ses contemporains qui connaissent le monde qui les entoure. Cela lui permet de concentrer l’attention du lecteur sur la psychologie des personnages, les dialogues et les monologues intérieurs du prince devenu empereur.

Tibère fut un général exceptionnel, victorieux de maintes campagnes. Devenu empereur, il a renfloué massivement les caisses de l’empire. C’est un gestionnaire avisé comme lui qu’il nous faudrait aujourd’hui pour sauver un certain nombre d’États de la banqueroute !

 De même dans le domaine militaire, il a eu la sagesse de reconnaître qu’il était vain et ruineux de tenter de soumettre la Germanie, conclusion à laquelle César était déjà parvenue dans la Guerre des Gaules. Là encore, c’est un stratège perspicace comme lui qu’il nous faudrait pour sortir du bourbier afghan, et pour nous éviter de nous empêtrer à la première occasion dans une nouvelle intervention militaire ruineuse, meurtrière et stérile.

Un ouvrage convaincant et agréable à lire, qui donne envie d’approfondir le sujet en lisant une biographie de cet empereur unique, qui par deux fois, s’est retiré de Rome, las de ses intrigues oppressantes.

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