mardi 3 avril 2012

Critique de Walking Dead : La mort en marche (BD)

Titre : Walking Dead
Sous-titre : La mort en marche (tome 1)
Dessinateur : Tony Moore
Scénariste : Robert Kirkman
Éditeur : Semic Noir / Delcourt
Date de parution : 2003 pour la version originale en anglais
 

Le monde que nous connaissons s’est effondré. Des morts-vivants mordent les vivants et les contaminent, en faisant à leur tour des zombies. La version gore et macabre des schtroumpfs noirs de Peyo.

Houlà, fis-je in petto en commençant la lecture de cette bande dessinée, voilà un thème archi-rebattu depuis le film mythique La nuit des morts-vivants, 1968, de Romero. Depuis presque 45 ans, le thème a été repris jusqu’à la nausée en films, BDs, jeux vidéo, etc… Vous savez, les zombies immondes qu’il faut abattre d’une balle dans la tête, leur seul point faible avec leur lenteur et leur cervelle de moineau.

Bon, le sujet est hyper classique. Soit. Toutefois, en y réfléchissant, les thèmes ressassés avec succès sont légion. Un seul exemple : le thriller-polar du tueur en série. Le gars est intelligent, fourbe, cinglé, sadique, immoral. Il donne du fil à retordre à la police, il commet des meurtres de plus en plus épouvantables, il y a des tonnes de rebondissements. Thème rebattu mais qui plaît. Pourquoi ?

Parce qu’on ne cherche pas forcément l’originalité du thème. L’important c’est qu’il soit bien traité. Et c’est le cas avec Walking Dead. Une petite communauté d’une dizaine d’humains tente de s’organiser pour survire au milieu de l’horreur zombie (horror-survival).

Les personnages ont une personnalité fouillée qui les rend attachants. L’histoire ne manque pas de rebondissements. Le dessin est efficace. Il est heureusement en noir et blanc, évitant un effet gore qui serait insoutenable.

La petite communauté apprend à vivre avec le deuil, les privations, les tensions internes et surtout la mort vivante qui rode, prête à les croquer, bref les épreuves extrêmes rendues plus pénibles par le souvenir du confort de notre civilisation.

Globalement, une excellente série, haletante et efficace.

Elle propose même quelques pistes de réflexions philosophiques. L’un des membres de la petite communauté est contaminé. Plutôt que d’être abattu par les humains, il préfère se transformer en zombie, avec l’espoir de retrouver sa famille qui a subi le même sort. On peut y voir une allégorie de la vieillesse débilitante : vaut-il mieux se trainer avec un cerveau presque mort et un corps en semi-putréfaction, ou bien choisir la délivrance ?

Le scénariste Robert Kirkman nous livre le thème de la série :

«  Avec Walking Dead, j’ai voulu explorer comment des individus réagissent lorsqu’on les met face à des situations extrêmes et quel impact peuvent avoir les événements sur leur comportement. »




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