mercredi 16 janvier 2013

Critique de : Suzanne et les ringards, par Jean-Bernard Pouy


Jean-Bernard Pouy fait partie des maîtres du néo-polar, dont ce très court roman paru en 1985 constitue un classique. 35 000 mots seulement environ, le texte se situe en fait entre la nouvelle et le roman. Les anglophones utilisent le terme novella.

Elle, racontée à la troisième personne, est une actrice, une star, même. Elle se retrouve en cavale, en galère et en chagrin : son amour de producteur vient d’être assassiné et elle craint pour sa vie.

Lui, narrateur à la première personne, se révèle un anarchiste gauchiste très violent. Un marginal, rejeté à cause de la tache de naissance qui le défigure et en raison de son passé trouble de taulard. Il constitue le service d’ordre d’un groupe de rock en tournée en France. Une groupie nommée Suzanne se fait assassiner. La police, comme souvent, n’est bonne à rien, mais alors à un point caricatural. Donc notre costaud révolté, qui en pinçait pour la jeune Suzanne, enquête auprès de la petite troupe pour dénicher le coupable.

Elle et lui, leurs chemins vont se croiser. Ça va faire des étincelles.

L’intrigue est faible : j’ai deviné l’identité de l’assassin 80 pages avant la fin. Fâcheux pour un polar, même néo. L’intérêt du livre réside ailleurs : les monologues intérieurs et le style brillant créent une ambiance prenante et invitent à la réflexion. Le genre se situe donc plutôt vers le rayon de la littérature générale.

Conclusion : si vous cherchez une intrigue à suspense, passez votre chemin. Si vous aimez les romans bien écrits, psychologiques, avec un zeste de philosophie, alors foncez !

 


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