mercredi 23 janvier 2013

Critique : Les ailes de plomb (bande dessinée)


Scénario, couleurs, avions : Christophe Gibelin
Dessins : Nicolas Barral
Éditeur : Delcourt
Date de parution : 1996
Nombre de tomes : 3
Genre : Thriller action saupoudré d’un zeste de politique

 En 1958 en France, un ministre prépare un détournement d’avion en vol par télécommande, à des fins politiques. Les malfaiteurs qui ont acheté la précieuse télécommande se la font voler par une jeune femme. Très énervés, ils la pourchassent. Elle se réfugie dans un hôtel tenu par la mère du héros. Ça chauffe drôlement quand le malfrat débarque pour récupérer son bien, d’autant qu’il a lui-même aux fesses les commanditaires de l’attentat, le vol de l’avion très spécial étant imminent.

On visite avec plaisir la France de la fin des années cinquante, traumatisée par la fin de l’ère coloniale, la guerre d’Algérie, le retour imminent de de Gaulle, avant sa fuite courageuse en Allemagne (mais là, j’anticipe de dix ans).

La subtilité de la psychologie des personnages est remarquable. Pas de manichéisme, chacun a ses raisons d’agir : on est tous le salaud ou l’emmerdeur de quelqu’un d’autre.

Voilà une bande dessinée comme on aimerait en lire plus souvent : une intrigue béton, des personnages vivants et attachants, des dialogues croustillants, un dessin et des couleurs qui transcendent le tout. Le top de la BD européenne, un classique du genre.

La première série comporte trois volumes de qualité exceptionnelle. Je conseille de s’arrêter à cette trilogie. Les tomes suivants se font sans le dessinateur Nicolas Barral, et sans inspiration. On sent que Gibelin a voulu continuer seul coûte que coûte.

 



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